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Chalfrax s'appuie sur un partenariat associant organismes de recherche (Inra), ministère de l'Agriculture (DSF), établissements publics (CNPF, ONF, mais aussi gestionnaires et représentants  de la forêt privée (UCFF, Fransylva)

Chalfrax s’appuie sur un partenariat associant organismes de recherche (Inra), ministère de l’Agriculture (DSF), établissements publics (CNPF, ONF, mais aussi gestionnaires et représentants de la forêt privée (UCFF, Fransylva)

Porté par le CNPF et bénéficiant d’un financement de France Bois Forêt, le Programme Chalfrax, lancé en 2015, est destiné à trouver des solutions face à l’épidémie de chalarose qui touche les frênaies françaises. Point d’étape.

Depuis la découverte en 2008 du premier foyer de chalarose en Haute-Saône, les dépérissements de frênes provoqués par le champignon chalara fraxinea suscitent l’inquiétude au sein de la filière forêt-bois. Compte tenu de l’importance de la zone atteinte et de la rapidité de propagation de la maladie, il est aujourd’hui peu probable d’éviter la contamination de l’ensemble du territoire national. D’où la proposition du CNPF de coordonner un projet national de recherche et de développement sur le sujet.

Recherche / Développement / Innovation

Prévu sur cinq ans, Chalfrax s’organise autour de cinq axes thématiques développant onze actions. « Le programme comprend d’abord des actions de recherche qui, selon les résultats, façonneront la stratégie de gestion à mettre en place », explique Benjamin Cano, du CRPF Nord-Pas-de-Calais,Picardie, coordonnateur du projet. Chalfrax a pour vocation principale d’élaborer une stratégie de gestion des peuplements menacés en tenant compte des conditions de développement de maladie, de la vulnérabilité des peuplements, mais aussi de son impact sur la filière économique de valorisation des bois. La stratégie prévoit de restituer ses prescriptions de gestion sous forme d’outils de diagnostic et d’aide à la décision, accessibles aux propriétaires et aux gestionnaires de peuplements infectés. Enfin, il s’agit également d’initier une population de frênes résistants à la maladie. Sur toutes ces thématiques, le programme s’appuie sur l’expérience acquise dans les pays voisins de la Communauté européenne, touchés avant la France.

Un axe du programme est basé sur l'évaluation des dégâts de la chalarose

Un axe du programme est basé sur l’évaluation des dégâts de la chalarose

Où en est-on ? 

La mise en oeuvre des différentes actions a été établie selon un calendrier planifié jusqu’à la fin de 2019. « Les différents financements ont tous été obtenus dans les délais, et le calendrier est respecté », précise Benjamin Cano. Ainsi, concernant l’axe 1, les tests effectués par l’Inra du Val de Loire pour évaluer les dégâts de la chalarose ont permis de confirmer l’existence d’une résistance génétique de frêne commun, celle-ci étant cependant très hétérogène d’une famille à l’autre et au sein d’une même famille. Autre exemple, relevant de l’axe 4 : l’état des lieux de la ressource française, réalisé par l’IFN a permis d’aboutir à la mise en place d’un outil statistique et cartographique, restituant les données par bassin de production et selon une typologie des enjeux économiques. Sur ces actions, comme sur l’ensemble du programme, il est prévu d’assurer une communication régulière afin de partager l’avancée des connaissances. Les résultats finaux seront diffusés en 2020, à travers notamment la réalisation d’un guide d’aide à la gestion des frênaies et l’organisation d’un colloque national.

Un programme en cinq axes

Axes de travail Objectifs
Axe 1 : Résistance et tolérance génétique Initier la constitution d’une population de frênes résistants à la maladie et mieux connaître l’héritabilité de la tolérance à la chalarose
Axe 2 : Contexte sylvicole et expression des dégâts Dans des situations de frênaie pure à fortes pressions d’innoculum, et selon les contextes géographiques, étudier l’impact de différents scénarios sylvicoles sur le développemtn de la maladie et la prévalence des dommages.
Axe 3 : Stratégie de gestion et d’organisation Construire des outils de diagnostic et d’aide à la décision permettant de proposer aux propriétaires et gestionnaires des itinéraires de gestion pour les peuplements infectés.
Axe 4 : Qualité du bois et valorisation économique Evaluer la perte économique et l’impact sur les marchés engendrés par l’infection des peuplements de frênes à court, moyen et long termes.
Axe 4 : Communication Assurer une veille nationale et européenne de récolte d’informations sur la chalarose, provenant de projets et/ou programmes parallèles. Restituer et promouvoir auprès des acteurs responsables de la mise en oeuvre des politiques forestières locales, nationales et européennes, les résultats et conclusion du projet.

Pour en savoir plus : 

La Lettre B n°19

La Lettre B n°19

Cet article est paru dans La Lettre B n°19 à télécharger ici >

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