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1eres Assises du Douglas à Tulle les 21 et 22 Octobre 2004

En France, le Douglas occupe aujourd’hui une surface de 420 000 m2.
Photo : JC Dupuy

Le 27 novembre dernier, l’association France Douglas tenait son assemblée générale. L’occasion de revenir sur vingt années d’investissement au service d’une essence encore jeune au fort potentiel d’avenir.

Créée en novembre 1993 à l’initiative des producteurs et transformateurs de Douglas, France Douglas est une association à caractère interprofessionnel destinée à assurer la promotion de cette essence d’origine nord-américaine. Au cours des quarante dernières années, le Douglas a été largement utilisé en reboisement, au point d’être aujourd’hui présent sur 420 000 hectares du territoire français. Le massif forestier en place continue de s’accroître à un rythme de l’ordre de 5 000 hectares par an. « La récolte de Douglas devrait être multipliée par trois d’ici à 2030 », a affirmé Jean-Philippe Bazot, président de l’association, en introduction de l’assemblée générale. Ce succès est dû à la conjugaison de plusieurs éléments : des capacités d’adaptation exceptionnelles de cette essence sur la plupart des territoires de moyenne montagne de l’Hexagone, associées aux remarquables qualités de son bois, notamment en matière de résistance mécanique et de durabilité naturelle.

Répondre aux défis de demain

Douglas

Document : France Douglas

Ce constat permet d’espérer, à échéance de vingt ans, une production nationale du massif de Douglas équivalente de celle du massif de sapin épicéa ou de pin maritime. Ces perspectives nécessitaient la mise en place d’une politique cohérente de promotion et de valorisation auprès des utilisateurs et prescripteurs. C’est pourquoi les différents responsables professionnels (sylviculteurs, scieurs, industriels…) des principales régions concernées ont choisi de réfléchir ensemble et de façon coordonnée aux conditions de développement des marchés de ce nouveau matériau aux qualités bien spécifiques, dont la ressource est maintenant entrée dans une phase de forte expansion. Il faut en effet noter que, contrairement aux autres bois résineux présents sur le territoire national, le Douglas est très peu représenté dans les autres pays européens.
France Douglas a donc engagé un travail de structuration de l’offre important afin de mieux qualifier et d’harmoniser les produits destinés à la construction, améliorant ainsi leur lisibilité et fiabilité auprès des prescripteurs et acteurs du bâtiment. Ce travail, conduit avec l’appui de l’institut technologique FCBA, s’est traduit par l’élaboration d’un guide de 28 pages, Le Douglas, un choix naturel pour la construction, qui rassemble, outre la définition des produits concernés, des informations techniques sur leur mise en œuvre. Ce document, paru en septembre 2012, est aujourd’hui unanimement apprécié, tant par les scieurs et transformateurs que par leurs clients. Il a été récemment complété, en mai 2014, par l’élaboration de déclarations environnementales qui renforcent encore la crédibilité de l’offre en Douglas et contribueront, demain, à faciliter son ancrage sur le marché de la construction.

Graphique production de sciagesUne instance structurante

Organe de promotion, France Douglas s’est doté, parallèlement, d’une stratégie de communication spécifique qui repose sur des outils propres (bulletin de liaison, site Internet…), une présence régulière sur les principaux salons professionnels dédiés au bois, ou encore l’organisation périodique d’événements particuliers, tels que les Assises nationales du Douglas, dont la dernière édition, en septembre 2012, a rassemblé, deux jours durant, plus de 150 participants. Nul doute que le déploiement de ces activités a contribué au développement des parts de marché du Douglas.
Ainsi, au cours de ces vingt dernières années, la production nationale de sciages a triplé, passant de 260 000 mètres cubes en 1992 à 773 000 en 2012. Cette augmentation a surtout bénéficié au marché domestique, quasiment inexistant jusqu’au début des années 2000. Le développement de ce marché national nourrit aujourd’hui une dynamique d’investissements importante dans le secteur de la scierie et des activités dérivées (bois collés, bardages…) au sein des zones de production du Douglas, tout à fait encourageante au regard des enjeux de demain.
En effet, fruit des importants programmes de reboisement engagés, notamment dans le Massif central, au cours des années 1970-1980, la ressource nationale de Douglas offre la promesse d’un nouveau triplement de production à échéance des deux prochaines décennies. La production nationale de sciages pourrait alors atteindre 2,5 millions de mètres cubes par an et représenter de l’ordre de 30 % de la production résineuse totale du pays. C’est dire l’enjeu que représente la structuration de cette filière particulière !

Construction douglas

Dans le bâtiment, le douglas est particulièrement apprécié pour sa résistance mécanique et sa durabilité naturelle. Ferme piscicole de Mézos (Landes)
Photo : Cabillaud Lamellé-Collé / Monnet-Sève Sougy

Quand la recherche avance

C’est ainsi que France Douglas, à la demande générale de l’ensemble des acteurs concernés (FCBA, Inra, ONF, CNPF…), y compris des représentants de l’État, a permis, avec l’aide de celui-ci, de structurer un programme de recherche visant à créer de nouvelles variétés améliorées de Douglas, dont l’objectif sera d’assurer la pérennité de la ressource nationale. « Nous avons besoin de bois très homogènes et de bonne résistance », précisait Pierre Piveteau, p-dg de l’entreprise vendéenne Piveteau Bois, productrice de nombreux éléments en Douglas, lors de l’assemblée générale de l’association. Pour Vincent Naudet, dirigeant des pépinières du même nom, « il est essentiel de travailler sur la génétique du Douglas en développant des plants adaptés au contexte du changement climatique ». Confrontés au marché actuel, les sylviculteurs doivent aujourd’hui fournir du bois de taille moyenne et doté de petits nœuds. « Mais que faire du bois trop gros qui ne se vend pas ? » s’interrogent-ils légitimement. Prescription, export, grande distribution… plusieurs pistes de commercialisation sont exploitables.
Lancée par un noyau de sylviculteurs et de scieurs du Massif central, à une époque où la production de sciages de Douglas était encore confidentielle (3,5 % de la production nationale de conifères), France Douglas est une structure aujourd’hui unanimement reconnue au plan national. L’association occupe une place importante sur le sein de la filière bois française et se positionne idéalement pour continuer, demain, à relever les défis qui se présentent à elle.

Continuer sur la lancée

En 2015, les actions de France Douglas s’inscrivent dans le prolongement des précédentes. Elles reposent sur trois thématiques principales :

  • la promotion du référentiel élaboré en 2012 grâce, notamment, à la mise en place d’un cycle de réunions et de manifestations en direction des architectes, bureaux d’études techniques et industriels du bâtiment ;
  • la poursuite des travaux de qualification des produits pour la construction qui portera sur l’aménagement intérieur, les parquets et planchers, l’offre en carrelets… La réalisation d’un guide spécifique permettra par ailleurs de mieux positionner le Douglas sur le marché de la réhabilitation du bâti ancien ;
  • l’élaboration d’un plan stratégique (2015-2020) qui aura pour objectif de définir les priorités communes aux différents acteurs de la filière regroupés au sein de France Douglas pour les cinq prochaines années et d’offrir aux partenaires de l’association une visibilité globale des besoins de la filière. 

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​Vous souhaitez en savoir plus sur l’actualité du bois français ? Cet article est publié dans le numéro 12 de La Lettre B, le magazine de l’actualité du bois français.www.la-lettre-b.com

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